Formation : préparation au stage « sentir les rythmes, oser les contrastes » par C. Zarcate |
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A l’usage du stage de CZ sur le rythme. |
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La pulsation fait « poum, poum, poum, poum » etc. toujours pareil, même intervalle.
Ma référence traditionnelle personnelle dans mon travail : l’art du raga indien : Sous le flot impétueux et libre du chanteur, le musicien averti peut toujours reconnaître et battre de la main le rythme parfois extrêmement complexe en 12 temps, voire en 16 temps, qui le sous-tend.
Dans le conte : la pulsation est la base profonde de votre vitalité, de votre souffle, de votre accord avec le conte, aussi.
Et sur ceci, l’anecdote du récit déroule son fil plein de contrastes. La magie vient si en dessous reste permanent votre « poum poum poum poum » bien installé !
Vous faites toutes les voix, les chœurs, le solo et le bourdon, mais aussi les ornements et les raccourcis, etc. la voix joue sa partition, les émotions la leur, le sens la sienne, et tout cela se mêle, comme un chœur, au dessus de la pulsation qui, elle, reste inébranlable !
Le conteur est proche du jazzman. A quand le free conte ? D’où ma phrase : « Le secret de la qualité d’une œuvre d’art est dans sa pulsation » (qui m’est venue en rêve, il y a plus de 20 ans, après avoir vu 200 tapis d’Orient en 3 jours, avec mon petit frère qui ne se décidait pas pour son achat !!! J’avais pendant ce temps reçu, comme physiquement perçu, le rythme des tisserandes ! Et elle m’ont dit cela, au fond. Elles en connaissent un bout, sur le rythme. Et le résultat est visible, n’est ce pas ? )
Ce qui est important, c’est que ce tempo est naturel.
Sur mon site, j’ai dit cela d’une autre manière : « Conter comme on tresse un panier, se laisser emporter par la pulsation qui fait naître les œuvres d’art... »
L’idée de tresser un panier renvoie à une activité manuelle, régulière et rythmée, et à la beauté qui découle de cette régularité et de ce calme, devenus visibles.
On trouve cette qualité dans tous les gestes de travail : faucher, semer, éplucher les légumes, écosser les petits poids, équeuter les haricots, couper du bois, balayer ; etc.… Quelque chose d’un « métronome intérieur », vous sentez ? vous connaissez cela.
Il y a beaucoup de chants qui l’expriment, qu’on appelle « chants de travail ».
Dans l’art du conte, il y a cela aussi. C’est un rythme qui aide le pas suivant, le geste suivant, le mot suivant, et évite qu’on « ronronne ». comme dans le fauchage, on fauche sans se fatiguer si on est dans ce bon rythme, bon geste.
Alors, quand on a ça comme fondement, on peut se permettre de « casser le rythme » par un contraste. En fait, on ne le « casse » pas du tout. La pulsation bien installée est toujours là, en dessous. Mais on joue, on s’amuse, en surface, comme le jazz man qui improvise sur son bon tempo. Notre pulsation est naturelle, sous jacente à notre vie, à tous nos gestes. Elle coïncide au rythme de notre cœur, en simplifié. On est de « nature » lente ou rapide. On marche de manière lente ou rapide. On pense, on se décide, on agit, etc. tout cela a un rythme qui est le notre et nous est propre. Chacun est différent, en cela.
Quand on raconte, on a donc ce tempo naturel, qui est en dessous de nos peurs, de nos urgences d’en finir, de nos inquiétudes diverses, ou au contraire, de nos arrêts sur image, de nos descriptions interminables, etc.
Une image :
Le conte a son rythme aussi, et pourrait on dire, sa musique. Il a son ascension et sa chute, ou bien sa vitesse de croisière tranquille ; ou bien il est un rapide qui déferle en torrent, ou bien il est une pluie douce et souveraine. De toutes façons, il a un rythme profond qui le fait débuter, se développer et tendre vers sa fin.
Pour préparer le travail du rythme : Si vous n’avez absolument aucune idée de ce dont je parle, c’est que je me suis mal exprimée. Malgré tout, faites cet exercice dans votre campagne :
Art populaire, poésies improvisées, joutes traditionnelles : la rime naît du rythme. Sur ce tempo de base, sans mots, que j’appelle la pulsation, et qui fait poum , poum, poum, de manière régulière, il y a donc au dessus, comme des ornementations, des décorations : le sens, les mots, et enfin les contrastes ; l’histoire dans son récit, dans son anecdote. Les contrastes viennent servir le récit. C’est le « métier ». C’est la manière de mettre en valeur, de « trancher », de « distancier » pour faire un effet ou un autre ; d’appeler un calme par une rapidité, d’appeler une future tristesse par un moment joyeux, un rire. C’est une habileté, et un service de l’équilibre d’une soirée.
mais elle doit naître de votre rythme ou du rythme profond du conte, sinon c’est raté, ça sent le « truc » préparé : le public a le sentiment immédiat de « cabotinage » ou manipulation. On verra ensemble ce qui « casse » la pulsation, interrompt le fil du récit, en fait, barre la rivière et on distinguera ces problèmes des contrastes, qui, eux servent au contraire l’harmonie et la vie du récit. Pour préparer le travail sur les contrastes : Le bercement appartient à la comptine.
Il y a des ritournelles ; comment jouer « voix parlée, voix chantée » ?
Il y a les répétitions, comment les traiter sur le mode du rythme ? du contraste ? les sortir de ce fameux ennui qu’elles sont sensées produire ?
La marche et le conte. La démarche dans un conte. Le chemin du conte, du héros ;
La respiration est au service de la pulsation, du rythme profond. Elle est son outil, son expression.
Sans aucun doute, j’oublie des choses, mais si cela vous inspire des directions, des réflexions, des questions, elles sont bienvenues. Pour réagir : info@clairevoie.org |
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